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Ange Leccia

Arts plastiques
1992

Présentation

Ange Leccia est né en 1952 à Minerviu. Après des études en arts plastiques à l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, il réalise son premier film Stridura (1980) en utilisant le 16 mm alors qu’il engage une réflexion sur les images de télévision avec TV+ (1979). De 1981 à 1983, il est pensionnaire à la Villa Médicis et en 1985, devient professeur à l’École supérieure d’art de Grenoble. Parallèlement, Ange Leccia développe des installations minimales qui revisitent la question du ready-made à travers des face-à-face d’objets industriels où la mythologie du cinéma est très présente. Il expose dans de nombreuses institutions internationales telles que le Guggenheim de New York (1986), la Documenta 8 (1987) et le Skulptur Projekte Münster (1987). À partir des années 1990, il revient principalement à la vidéo avec Mer (1991), Explosions (1994) ou Orage (1999) et coréalise des films avec Dominique Gonzalez-Foerster. En 2001 il devient directeur du Pavillon Neuflize OBC, le laboratoire de création du Palais de Tokyo à Paris et prolonge son travail à travers des œuvres comme Azé, sorti en salle en 2004 ou La Déraison du Louvre (2006) avec Laetitia Casta. En 2009, il réalise son premier long métrage de fiction, Nuit bleue qui sort en salles en 2010. Le MAC/VAL, musée d’art contemporain du Val-de-Marne en 2013 et le Palais de Tokyo à Paris en 2014 lui ont consacré chacun une exposition personnelle.


Entretien avec Ange Leccia

2014, 15 min., vidéo. Réalisation : Justine Emard. Traduction : Ogashiwa Hirotoshi


Images souvenirs, 1992/1993

« À propos de sa résidence à la Villa Kujoyama, Ange Leccia explique y avoir puisé une véritable attitude, si ce n’est une esthétique, fondée sur la concentration et la simplicité, ainsi qu’une attention sans cesse renouvelée à la nature. Cette approche ne fut pas vécue comme une rupture mais comme la confirmation de sa propre sensibilité. Ce n’est donc pas un hasard si l’artiste choisit de faire appel à la trame du quotidien captée dans ses films de famille pour évoquer cette période. Relevant presque du film amateur, Villa Kujoyama, Images souvenirs montre ici comment l’artiste travaille à partir de la banalité pour trouver les moyens de l’enchanter. Au milieu des enfants qui s’amusent et des rencontres au sein de l’atelier, le spectateur peut aussi observer quelques-uns des motifs chers à l’artiste, tels cette fumée qui s’élève dans le ciel de Kyoto ou les images télévisées de Rie Miyazawa qui donneront lieu à une œuvre symbolique pour commémorer la tragédie d’Hiroshima. La boucle musicale tirée du groupe de rock japonais RC Succession joue alors les ritournelles et rappelle que le passé se combine toujours au présent – à jamais recommencé. » 

– Fabien Danesi